Twelve Tribes of Israël
Ex-membre de l'EWF, Vernon Carrington fonde en 1968 les « Twelve Tribes of Israël » (TTI). Cette organisation fortement structurée rassemble un très grand nombre d'adeptes et dispose de nombreuses antennes à l'étranger.
Les Douze Tribus se caractérisent par ailleurs par une très grande liberté dans la pratique du culte (port des locks et régime I-tal facultatifs). Cette souplesse justifie sans doute le très grand nombre d'adhésions au cours des années 70 et 80. Prophet Gad (Dr Carrington) se pose en messager, missionné par le Très-Haut : « J'ai été converti en 1961 et j'ai lu la bible de la Genèse à l'Apocalypse à deux reprises. Mais j'ai été envoyé : j'ai été appelé et envoyé pour accomplir ce travail. Et lorsque je lis la bible, je vois clairement qu'il y a une brèche qui doit être comblée, et je crois que je suis de ceux qui ont été envoyé pour accomplir ce travail. ». La Bible doit être lue « un chapitre par jour »13 selon les prescriptions de « Gadman ». La doctrine élaboré par le leader des TTI est évolutive et se rapproche de plus en plus du christianisme. Cette christianisation progressive du rastafarisme chez les Douze Tribus est une tentative de sauvetage (par transfert) impliquée par le décès officiel de Sélassié en 1975. Ainsi, Sélassié est célébré comme l'incarnation temporelle du Christ14, une icône christique, mais non comme le Christ lui-même. Ainsi selon les dires de Vernon Carrington : « Le Christ va revenir s'asseoir sur le trône de David ». Lié au petit-fils d'Haïlé Sélassié (le prince héritier Zara Yacob), Prophet Gad prône la restauration de la famille impériale sur le trône d'Ethiopie. Le retour en Afrique, principalement à Shashamane, est une orientation majeure des TTI. L'Ethiopie est redéfinie comme étant « la nouvelle Jérusalem ».
Nyahbinghi
L'Ordre de Nyabinghi constitue la branche (le terme racine serait sans doute plus approprié) la plus traditionnelle et la plus ancienne8 de la communauté rastafarienne actuelle. Figure historique de la congrégation, Ras Boanerges (dit aussi Bongo Watto) incarne le refus viscéral de toute compromission avec l'establishment social. Quitte à être jugés et incarcérés, les nyabinghi rejettent tous les principes de la société babylonienne : mariage, travail, vote, paiement des impôts, propriété... Ces « anarchistes de Jah », pour reprendre l'_expression de Ras Jude, se réunissent périodiquement à l'occasion de festivités cérémonielles dites « grounations » ou « Ivine Issemblies ». Ils sont également les dépositaires de la musicalité rituelle éponyme. La doctrine nyabinghi considère l'Empereur éthiopien Haïlé Sélassié Ier comme étant le « Black Living God », le Dieu Noir omniscient, omnipotent, et omniprésent. Reconnue comme étant la seule autorité théocratique, les « binghi » bannissent tout leadership parmi les leurs. Les anciens se réunissent parfois en conseil des sages9 (« eldership ») pour déterminer les nouvelles orientations à donner au mouvement. En rupture de banc avec le système, désorganisés et désargentés, les nyabinghi nourrissent toujours l'espoir d'un vaste rapatriement collectif sur le continent des origines : « repatriation is a must ! » « Héritiers de l'Ordre de Melkisédék », les patriarches10 nyabinghi se définissent comme les « gardiens de la foi » rastafarienne.
Bobo Dread
Fondé en 195811 par Prince Emmanuel Charles Edwards (1915-1994) l'ordre des Bobo Dread occupe une place bien singulière dans la constellation rasta. Ecarté cette même année des cercles nyabinghi, Prince Emmanuel a organisé sa propre communauté en marge des autres groupes rastafariens. Le culte de la personnalité voué par les prêtres et prophètes Bobo à leur gourou est largement alimenté par le Prince lui-même : “ Je suis le souverain monarque de la suprématie noire, roi de tous les Ras, l'ambassadeur royal éthiopien en mission pour le roi, le Christ Noir incarné... » Auto-proclamé « Black Christ in Flesh », Prince Emmanuel s'est retiré avec ses fidèles sujets dans l'enceinte de son camp de Bull Bay (EABIC : « Ethiopia Africa Black International Congress »). La vie quotidienne s'y déroule selon des règles immuables : La bible (l'Ancien Testament, principalement) est lue pendant trois heures sans discontinuer. Les Bobo Dread se prosternent et prient la tête inclinée en direction de l'est et ce trois fois par jour : à l'aube, le midi et au couché du soleil. La salutation s'accompagne d'un « blessed my lord » tandis que la main droite vient toucher la poitrine gauche. Le service du soir se déroule sous la tutelle de trois prêtres à l'autel du tabernacle : chants et ovations sont adressées à « Dada »12 (le Prince), à l'Empereur ainsi qu'à Marcus Garvey. Ces trois personnages fondent la Sainte Trinité des Bobo. Les ablutions sont toujours de mise. Le Sabbat est également observé. Le jeûne a lieu deux fois par semaine ainsi que le premier samedi du mois... Frange monastique et ecclésiastique du Rastafari, la confrérie Bobo s'est développée à la fois à l'intérieur et en marge du mouvement.
Ex-membre de l'EWF, Vernon Carrington fonde en 1968 les « Twelve Tribes of Israël » (TTI). Cette organisation fortement structurée rassemble un très grand nombre d'adeptes et dispose de nombreuses antennes à l'étranger.
Les Douze Tribus se caractérisent par ailleurs par une très grande liberté dans la pratique du culte (port des locks et régime I-tal facultatifs). Cette souplesse justifie sans doute le très grand nombre d'adhésions au cours des années 70 et 80. Prophet Gad (Dr Carrington) se pose en messager, missionné par le Très-Haut : « J'ai été converti en 1961 et j'ai lu la bible de la Genèse à l'Apocalypse à deux reprises. Mais j'ai été envoyé : j'ai été appelé et envoyé pour accomplir ce travail. Et lorsque je lis la bible, je vois clairement qu'il y a une brèche qui doit être comblée, et je crois que je suis de ceux qui ont été envoyé pour accomplir ce travail. ». La Bible doit être lue « un chapitre par jour »13 selon les prescriptions de « Gadman ». La doctrine élaboré par le leader des TTI est évolutive et se rapproche de plus en plus du christianisme. Cette christianisation progressive du rastafarisme chez les Douze Tribus est une tentative de sauvetage (par transfert) impliquée par le décès officiel de Sélassié en 1975. Ainsi, Sélassié est célébré comme l'incarnation temporelle du Christ14, une icône christique, mais non comme le Christ lui-même. Ainsi selon les dires de Vernon Carrington : « Le Christ va revenir s'asseoir sur le trône de David ». Lié au petit-fils d'Haïlé Sélassié (le prince héritier Zara Yacob), Prophet Gad prône la restauration de la famille impériale sur le trône d'Ethiopie. Le retour en Afrique, principalement à Shashamane, est une orientation majeure des TTI. L'Ethiopie est redéfinie comme étant « la nouvelle Jérusalem ».
Nyahbinghi
L'Ordre de Nyabinghi constitue la branche (le terme racine serait sans doute plus approprié) la plus traditionnelle et la plus ancienne8 de la communauté rastafarienne actuelle. Figure historique de la congrégation, Ras Boanerges (dit aussi Bongo Watto) incarne le refus viscéral de toute compromission avec l'establishment social. Quitte à être jugés et incarcérés, les nyabinghi rejettent tous les principes de la société babylonienne : mariage, travail, vote, paiement des impôts, propriété... Ces « anarchistes de Jah », pour reprendre l'_expression de Ras Jude, se réunissent périodiquement à l'occasion de festivités cérémonielles dites « grounations » ou « Ivine Issemblies ». Ils sont également les dépositaires de la musicalité rituelle éponyme. La doctrine nyabinghi considère l'Empereur éthiopien Haïlé Sélassié Ier comme étant le « Black Living God », le Dieu Noir omniscient, omnipotent, et omniprésent. Reconnue comme étant la seule autorité théocratique, les « binghi » bannissent tout leadership parmi les leurs. Les anciens se réunissent parfois en conseil des sages9 (« eldership ») pour déterminer les nouvelles orientations à donner au mouvement. En rupture de banc avec le système, désorganisés et désargentés, les nyabinghi nourrissent toujours l'espoir d'un vaste rapatriement collectif sur le continent des origines : « repatriation is a must ! » « Héritiers de l'Ordre de Melkisédék », les patriarches10 nyabinghi se définissent comme les « gardiens de la foi » rastafarienne.
Bobo Dread
Fondé en 195811 par Prince Emmanuel Charles Edwards (1915-1994) l'ordre des Bobo Dread occupe une place bien singulière dans la constellation rasta. Ecarté cette même année des cercles nyabinghi, Prince Emmanuel a organisé sa propre communauté en marge des autres groupes rastafariens. Le culte de la personnalité voué par les prêtres et prophètes Bobo à leur gourou est largement alimenté par le Prince lui-même : “ Je suis le souverain monarque de la suprématie noire, roi de tous les Ras, l'ambassadeur royal éthiopien en mission pour le roi, le Christ Noir incarné... » Auto-proclamé « Black Christ in Flesh », Prince Emmanuel s'est retiré avec ses fidèles sujets dans l'enceinte de son camp de Bull Bay (EABIC : « Ethiopia Africa Black International Congress »). La vie quotidienne s'y déroule selon des règles immuables : La bible (l'Ancien Testament, principalement) est lue pendant trois heures sans discontinuer. Les Bobo Dread se prosternent et prient la tête inclinée en direction de l'est et ce trois fois par jour : à l'aube, le midi et au couché du soleil. La salutation s'accompagne d'un « blessed my lord » tandis que la main droite vient toucher la poitrine gauche. Le service du soir se déroule sous la tutelle de trois prêtres à l'autel du tabernacle : chants et ovations sont adressées à « Dada »12 (le Prince), à l'Empereur ainsi qu'à Marcus Garvey. Ces trois personnages fondent la Sainte Trinité des Bobo. Les ablutions sont toujours de mise. Le Sabbat est également observé. Le jeûne a lieu deux fois par semaine ainsi que le premier samedi du mois... Frange monastique et ecclésiastique du Rastafari, la confrérie Bobo s'est développée à la fois à l'intérieur et en marge du mouvement.

